RDRAM, Rambus 800 pour les intimes!

Qui dit Rambus, dit société du genre « troll à brevets ». Cette compagnie existe toujours et elle ne vit que pour développer des nouvelles technologies et d’y apposer un brevet. On pourrait dire qu’elle attaque ensuite! C’est ce genre de compagnie qui a donc développé la fameuse Rambus PC800 (socket RIMM, 184 Pin). Elle a été jumelée en novembre ’99 avec le nouveau chipset 820 d’Intel (codename: Camino). La Rambus PC800 était la plus rapide du moment, en fait, on parle de 3 à 4 fois plus performante avec sa vitesse d’horloge réelle à 400Mhz et sa bande passante à 3.2GB/s. Comparée au pauvre 100Mhz de la SDRAM PC100, théoriquement, la Rambus tuait. Mais en pratique, le choix d’utiliser une architecture à base de PC800 n’était pas si glorieux qu’on pouvait le croire. En tenant compte des applications et de l’OS Windows 98, on parlait d’un maximum de 33% plus rapide par rapport à une infrastructure à base de PC100 SDRAM (même catégorie de processeur, etc.).   Sur le banc d’essai, c’était bien, mais c’est somme toute un échec quand on comparait le gain versus le prix…

Fondé en 1990, Rambus Incorporated (NASDAQ: RMBS) tient le coup avec ses superbes licences. En fait, elle vit que pour ça et les dirigeants se portent plutôt bien (ce sont principalement les mêmes qu’à l’époque). Le prix de l’action a varié entre un sommet de plus de 150$ en 2000 (au temps de la RDRAM) à un creux d’environ 3$ en 2002 (au temps de la DDR1). Manque de profondeur? L’action vaut présentement 5.60$ (juin 2012).


Le Coût
Question sensible et existentielle : how much? Quand c’est le temps de se monter une bombe, c’est rare qu’on délaisse le facteur porte-feuille, mais Rambus s’en fout. À l’époque, La RDRAM n’était pas du tout abordable comparée à la SDRAM. À sa sortie (été ’99), elle coûtait six fois plus cher, soit 1450$ pour un kit de 128Mb! Un an plus tard, elle avait baissé, mais était toujours 3 fois plus dispendieuse que la SDRAM. Je me rappelle avoir entendu un vendeur me dire « tsé, cette RAM est tellement rapide que tu as seulement besoin d’un kit de 64Mb pour monter ta bombe ».  Le doute…  À l’époque, au tout début du P4, la Rambus PC800 coûtait autour de 3$ le Mb selon les constructeurs. Pour la SDRAM, c’était plutôt autour de 0,75$ à 1$ le Mb. Donc, c’était facile d’opter pour des rangées de SDRAM. Notez que s’il y avait 4 rangées de mémoire et qu’on en utilisait seulement une paire, nous avions 2 barrettes « vide/dummy« , appelé CRIMMs

Les barrettes CRIMMs servaient de terminaison. Une particularité très louche aujourd’hui, mais assez amusante. Donc si vous êtes cool et que vous pensez monter un retro-computer avec de la RDRAM, vous êtes avertis!

RDRAM: Rentabilité impossible

  • Bien que la conception de RDRAM réduit considérablement la quantité de câblage soudée (wiring) qui doit être faite sur la carte mère, elle ne pouvait jamais aider à baisser les coûts de fabrication pour les constructeurs. Pourquoi? Soutenir cette technologie demandait beaucoup de formalité. Épreuve de minutie, qualité du wiring, la carte mère devait être top notch, ce qui engendrait des coûts. Il n’y avait pas d’économie à faire au montage. En terme clair, avec cette mémoire il fallait que ce soit bien construit, pas de place pour le montage cheap.
  • Les droits..duh, un pourcentage important allait dans les poches de la compagnie Rambus pour sa RDRAM. Jamais à la baisse, ces droits de brevet à long terme devenaient bien trop importants dans le prix au détail, mais surtout, pour les constructeurs d’ordinateurs qui devaient être compétitifs. Ça n’avait pas de sens, et c’est Intel en 2002 qui a abandonné complètement la RDRAM au profit de la DDR-SDRAM (DDR1), qui était aussi performante et plus fiable.
  • Parlons de la fiabilité; ce n’est pas sans raison que la RAMBUS avait un heatsink (dissipateur de chaleur), elle surchauffait. Selon les fabricants (Kinston, Samsung, Micron etc.) on avait souvent à faire face à une barrette défectueuse avec le temps. La RDRAM fonctionnaient en couple, il fallait 2 barrettes pareilles pour que ça fonctionne. Donc si une meurt, il fallait remplacer les 2 car elles étaient vendues en paire. Pour faire 128Mb, il fallait 2 barrettes de 128Mb et non pas 2 barrettes de 64Mb.

Harold Hughes et son mur des brevets intitulé « Your licence to speed » chez Rambus, c’est plutôt un véritable mur des poursuites.

Le temps fait son oeuvre
En fait, dans l’univers informatique, cette technologie est un des pires FAIL. Intel a cru en la RDRAM, en prétextant que la SDRAM était tout simplement inappropriée pour sa nouvelle flotte de Pentium. On a utilisé la mémoire de Rambus pour les chipset 850, 860 et 850E en attendant l’arrivée des DDR1. La DDR-SDRAM (DDR1), technologie ouverte et libre, pouvait concurrencer avec la Rambus PC800 avec 3.2 Gb/s de Bandwidth. En somme, elle était toute aussi rapide, plus fiable et beaucoup moins coûteuse. Notez que vers la fin de 2001, il y’ a eu une chute considérable des prix pour les mémoires vives. Disons qu’on s’en donnait à cœur joie avec la DDR1, 250$ et on avait notre 1Gb. Peut-être qu’on pourrait dire que la Rambus 800 était en avance sur son temps, certes, mais à quel prix? Le prix de la rançon c’est une question de droit intellectuel envers et contre tous!

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A propos Sébastien Roy

Technologue informatique complètement addict...
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